
L’AFP a appris que la plainte a été déposée au parquet de Paris, mercredi par le cabinet d’avocats Joshua, représenté par Julien Roelens, au nom des parents d’un enfant victime de viols présumés commis par des animateurs périscolaires au sein d’une école maternelle parisienne. En cause : une supposée non dénonciation de mauvais traitements révélés dans une enquête diffusée fin janvier.
L’émission, intitulée « Périscolaire, établissements privés : enquête derrière le portail de nos écoles », avait été diffusée le 29 janvier sur France Télévisions.
La plainte cible la société de production Premières Lignes Télévision, mais également plusieurs figures de l’émission, dont Élise Lucet, présentatrice et rédactrice en chef, la réalisatrice Claire Tesson, ainsi que les producteurs Luc Hermann et Paul Moreira.
Les avocats affirment qu’à partir d’avril 2025, une journaliste de l’émission a filmé en caméra cachée, dans l’établissement, des faits de violences physiques et psychologiques sur des enfants âgés de trois à cinq ans, ainsi qu’une agression sexuelle. D’après eux, ces images — issues de 27 heures de rushes — auraient été conservées pendant neuf mois sans signalement aux autorités compétentes.
Toujours selon la plainte, la diffusion en prime time, le 29 janvier, aurait conduit à la suspension immédiate des animateurs concernés. Mais pour les plaignants, l’absence de signalement préalable constitue une faute pénale. Ils estiment qu’une alerte plus précoce aurait permis de protéger les enfants, dénonçant une logique de divulgation tardive au profit de l’impact médiatique de l’émission.
Cash Investigation assure au contraire que “dès le 7 mai 2025, soit au moment où notre journaliste tourne, la CASPE (Circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance) et les services de la mairie de Paris ont déjà pris la décision de suspendre un animateur pour suspicion de faits à caractère sexuel”.
“Notre journaliste n’a évidemment jamais assisté aux faits qui sont reprochés à l’animateur (…). Il est donc absolument faux de parler de dissimulation jusqu’à la diffusion, les autorités en charge étaient déjà informées en mai de suspicions d’agression sexuelle”, ajoutent Cash Investigation et Premières Lignes dans leur réaction à l’AFP.
